Souvent, quand nous réalisons une posture, nous nous la représentons mentalement. La représentation fige alors la posture instantanément, comme une statue de marbre, certes belle, mais sans vie. C’est cette habitude-réflexe qui nous coupe de ce qui pourtant sous-tend la réalisation d’une posture, c’est-à-dire tout le chemin qui nous amène à son épanouissement (telle une fleur au printemps) et ce, quel que soit le niveau où nous sommes. Nous ne prêtons attention qu’à ce qui est visible et évident, l’aspect yang, autrement dit, l’accomplissement, tandis que nous occultons son aspect yin, «ce qui irrigue», moins visible, mais tout aussi important. Photos/illustrations de l’exercice complet dans l’article en ligne.
Intégrer le jour et la nuit dans notre pratique
Pour mieux comprendre, il nous suffit simplement d’observer les différences de dates de célébration du printemps en Chine et en Occident. Tandis que l’Occident célèbre l’apparition des bourgeons et l’éclosion d’un grand nombre de fleurs, c’est-à-dire le monde manifesté, la Chine célèbre la montée de la sève, le frémissement interne de la terre, le non manifesté. Alors, quand commence le printemps ? Au retour saisonnier de la sève qui monte lentement, imperceptiblement ? Quand les bourgeons émergent et les fleurs éclosent ? Nous ne pensons pas utile de trancher entre l’un ou l’autre, mais plutôt d’intégrer ces deux phases comme étant les deux visages d’une même réalité. C’est l’image des différents peuples de la terre qui, si notre regard prend du recul, vivent à un instant donné dans la nuit pour certains et dans le jour pour d’autres.
Posons-nous alors une question : quand commence le printemps de notre posture ? Autrement dit, quand... [
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