GTao : Vous pratiquez et enseignez les Arts Martiaux depuis un certain temps…
G. C : J’ai commencé par le Judo, puis le Karatedo. Cela m’a permis, très tôt, de côtoyer chez Henri Plée des experts asiatiques réputés : Murakami, Harada, Mochizuki, Kase, Nanbu… Comme j’étais passionné, je pratiquais également l’Aïkido, et comme cela ne me suffisait pas, j’ai entrepris la pratique du Taekwondo. Aujourd’hui, on me dirait que je suis “dispersé” mais à cette époque, cela me semblait tout à fait normal.
GTao : Et les Arts Chinois ?
G. C : Je les ai découverts en 1969 lors d’un séjour aux USA sur un campus universitaire. Je me suis dès lors exercé à de nouvelles pratiques dont le Ling Pao Ming (Clarté du Joyau Magique), l’une des principales tendances des “Praticiens du Tao” (Daoshi ou Tao Shih) avec le Mao Chan (Montagne de longévité) et le Jing Dan (Pilule d’or). De retour en France, pour poursuivre ma pratique, j’ai bénéficié d’une lettre de recommandation adressée à Wang Tse Ming qui résidait en France sous le nom d’emprunt de Tai Ming Wong. Il était réfugié depuis 1949 et avait dû quitter la Chine sous le prétexte qu’un de ses ancêtres très connu, Wang Yang Ming (Wang Shouren ou Wang Shou Jen, 1472-1529) était très mal vu par le nouveau régime ! Cet ancêtre avait créé un nouveau courant de pensée considéré comme le “néo-confucianisme idéaliste” ou École de la Pureté du Cœur (Xinxue) qui remettait déjà en cause le régime sous les Ming. J’ai pratiqué avec Wang pendant presque dix ans. Il m’initia à diverses formes d’externe et parallèlement à ce qu’il nommait de la “gymnastique taoïste” : le Daoyin Fa ou Daoyin Qigong (Qi Gong de tendance taoïste) du Ling Pao Ming. C’est seulement par la suite que je fus initié à l’Interne : le Xingyi Quan de forme naturelle (Tseujan).
GTao : Wang Tse Ming s’intéressait déjà beaucoup aux pratiques de santé, ce qui à l’époque n’était pas courant ?
G. C : Encore actuellement, on lit dans certains textes publiés par une Fédération plus ou moins officielle que le Qi Gong n’a rien à voir avec la santé lorsqu’il n’est pas employé par des médecins et n’a pas été expérimenté sur des animaux. Wang Tse Ming, à l’époque, n’était pas médecin, et je ne l’ai jamais vu se livrer à des expériences sur d’autres cobayes que ses élèves qui étaient consentants. Cela ne l’empêche pas d’avoir dépassé aujourd’hui les quatre-vingt-dix ans.
GTao : Il s’intéressait donc à l’ostéopathie ?
G. C : Intuitivement, “à la chinoise”. J’ai eu la chance inouïe d’assister à la naissance en France de l’un des principaux courants de l’ostéopathie, simplement par fait de circonstances. Plusieurs fondateurs de ce courant —devenu par la suite ATMAN —
qui étaient kinésithérapeutes, travaillaient la boxe chinoise sous ma direction : Franck et Tania Gilly, Pierre Yves Dodin pour ne pas les citer. Ils avaient été élèves de De Sambucy et s’initiaient à l’ostéopathie sous la direction de Marc Bozzeto qui venait d’introduire cette pratique en France. J’ai donc eu la chance de leur... [
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