La sagesse populaire nous laisse une multitude d’expressions comme : « Ça me gonfle », « J’ai le souffle court »… Après un accident, une tension, le commun des mortels s’entend prononcer des phrases comme : « Ouf ! je respire », « Je l’ai échappé belle ! ». Quand nous sommes choqués, interloqués, nous avons « le souffle coupé » au point de dire : « Je suis soufflé ». Puis quand nous rencontrons une femme ou un homme en pleine forme nous disons qu’il ou qu’elle « respire la santé ». A travers le jeu : « Souffler une dame » ou « Souffler n’est pas joué », etc. Mais aujourd’hui « souffler » est presque exclusivement associé au bien-être et à la détente. Respirer s’accompagne alors d’une multitude d’images de relaxation, d’espaces, aux paysages intérieurs et extérieurs… De sensations de plénitude et de sérénité… Amputant à cette fonction une partie de son mystère. La respiration partage seule en effet avec le clignement des yeux la capacité à réunir une fonction organique à la fois inconsciente et consciente et à ce titre se révèle une des portes les plus appropriées pour éclairer la dimension « cachée » de notre aspiration à la conscience.
Le verbe « respirer » englobe deux principes yin-yang intiment liés : l’inspir et l’expir ; l’expir étant la face cachée de l’inspir… et inversement. Expir que nous cherchons à maîtriser quoi qu’il en coûte à coups de techniques par peur de nous retrouver submergés par toutes nos images inconscientes et nos fantasmes liés à la mort et à son cortège de refoulements inspirés par la peur d’expirer… Respirer, c’est donc accepter de naître et de mourir sans cesse. A chacun de mes inspirs, je suis en « re-naissance », et à chacun de mes expirs, je suis en « re-mourance ». Alors inspirons-nous de la voie des arts martiaux et de la voie chamanique qui nous... [
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