Le cours supérieur du fleuve Yangzi est maintenant barré par l’imposant barrage des Trois Gorges. Lorsqu’il sera terminé (en 2009), il haussera le niveau du fleuve de 159 m, noyant ses berges jusqu’à la ville de Chongqing. On aurait tort cependant de réduire cet ouvrage aux seuls buts de produire de l’électricité et de régulariser le fleuve. Comme souvent en Chine, l’objectif est dialectique, c’est-à-dire double, et sa compréhension, idéographique. Le caractère zhì (1) va nous expliquer cela. Il est formé de trois éléments. En haut à droite se trouve le signe (2). Comme beaucoup de formes graphiquement simples, il n’a plus de signification en tant que mot indépendant. Sa graphie ancienne (3), qui ressemble à celle du (mot) nuage, évoque un souffle.
En dessous, il y a le signe de la bouche (4) qui suggère des paroles. Mais la bouche signale aussi l’idée d’un rassemblement. De l’extérieur vers l’intérieur du corps, c’est là que les aliments venus de tous les coins de la terre se rassemblent avant de s’éparpiller pour nourrir chaque organe avec l’énergie dont il a besoin. Dans l’autre sens, c’est en bouche que les pensées, éparses dans la conscience, se rassemblent avant de s’égailler sous la forme de paroles. L’association de ces deux signes montre un puissant rassemblement de souffles, comme on le voit lorsque, associé au caractère femme (5), il forme le mot... [
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