L’été est rangé, la rentrée est revenue. C’est ainsi, même lorsqu’on n’a pas (ou plus) d’enfants scolarisés, le rythme scolaire s’impose à nous. La saison des feuilles qui tombe est un recommencement, le début d’une nouvelle année. Après, il y aura Noël et le nouvel an, la fête chinoise du printemps, et puis Pâques, et ensuite les grandes vacances, et encore une fois à nouveau la rentrée. C’est à se demander quand réellement commence l’année ? Ce qui d’ailleurs constitue une question sans objet, puisque finalement un cycle, c’est comme un cerceau, un cercle qui roule sans début ni fin. Les Chinois savent cela depuis longtemps, mais à l’Ouest du Tibet, les Indo-Européens, considèrent l’idée de début, l’idée de création des choses, de naissance du monde, comme plus familière. Que quelque chose ait commencé d’exister à partir de rien est une idée qui nous semble si «normale» que même son avatar scientifique (le «big bang», ce milliardième de seconde ayant explosé il y a quinze de milliards d’années !) nous paraît plausible, car il sonne comme une sorte de «Genèse», du nom du premier chapitre de la Bible (un mot issu de la même racine grecque que «génétique»). Les Chinois pensent plutôt, comme le dit un de leurs proverbes, que «la recherche de l’origine est une maladie de l’esprit», un bug du cerveau dirions-nous aujourd’hui. Au pays du Yin-Yang, l’affaire est claire et clairement résumée par François Jullien : au début était le… battement ! Une dynamique binaire qui rythme tout ce qui est vivant, sans qu’un temps l’emporte sur l’autre en... [
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