Cette fin (peut-être provisoire) de la canicule et le retour de températures plus raisonnables pour l’automne qui s’annonce précocement cette année, nous donneront l’occasion de nous intéresser à l’armoise, cette plante universellement connue des peuples depuis la nuit des temps. Cette espèce rassemble plusieurs cousines fort utiles pour l’être humain, la plus courante étant l’artemisia vulgaris, dont le nom latin renvoie depuis l’Antiquité à Artémis (Diane), la chasseresse (Dioscoride, Estienne 1567), et selon d’autres auteurs, à la reine d’Halicarnasse (Carie), Artémise I, qui aida Xerxès contre les Grecs et combattit à Salamine (D. Corneille, 1694). L’armoise est une modeste plante herbacée vivace de la famille des «composées» (astéracées) que l’on peut rencontrer le long des chemins et des digues, dans les friches et les haies, et commune dans toutes les régions tempérées de l’hémisphère Nord. Elle est utilisée par des peuples aussi divers que les Amérindiens, les Chinois, les Hindous, et les Européens. Parmi les armoises célèbres dans nos contrées, citons également l’absinthe (artemisia absinthium L.), l’estragon (A. dracunculus) ou l’aurone mâle (A. abrotanum).
L’herbe des femmes
L’armoise a été utilisée longtemps comme plante aromatique à brûler sur les autels ou dans les maisons. C’est l’une des plantes magiques des peuples anciens. Dans le savoir populaire, elle est par excellence l’herbe des femmes, des matrones et des commères, qui favorise la menstruation et aide à l’accouchement. C’est également une plante qui permet de s’assurer que les règles viendront bien en temps et en heure… Dans certaines régions, les commères veillaient à en glisser un brin sous le tablier de la... [
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