Il ne pouvait être lieu plus prédestiné que la clinique de Porcupine (Porc-Epic) pour la mission de soins en acupuncture qui a eu lieu cet été dans la réserve de Pine Ridge, Sud Dakota. A la différence de la Roumanie, cette mission de deux semaines chez les Sioux Lakota se déroula de façon plus intime et plus attentive au respect d’une culture qui, par le passé, n’a que trop souffert des missionnaires de tout poil. Nous n’étions donc que deux praticiens, venus en éclaireurs réaliser le test grandeur nature proposé un an plus tôt au conseil tribal de la clinique de Porcupine : offrir des soins gratuits de médecine chinoise à l’intérieur de la réserve. La même proposition, faite auprès de l’hôpital principal de Pine Ridge, géré par des «blancs», n’avait pas trouvé le même écho. Nos premiers patients furent les membres du personnel soignant de la clinique, ce qui fut une excellente façon de faire connaître cette médecine exotique à leurs yeux. Excellente, mais également risquée, car les pathologies rencontrées ici sont lourdes : diabète, obésité par malnutrition, troubles cardio-vasculaires, tabagisme, alcoolisme, dépression… Autant de maladies endémiques à la vie en réserve, cadeaux empoisonnés induits par un «american way of life» qui n’est pas le leur, et dont ils sont les laissés pour compte. Les soins en acupuncture furent d’autant mieux acceptés par les Lakotas que la moxibustion (c’est-à-dire l’utilisation d’armoise que l’on brûle au-dessus des points d’acupuncture) évoquait fortement l’usage que les Amérindiens font de la sauge dans leurs cérémonies de guérison. Loin de les inquiéter, cette odeur de fumée d’herbe dans les couloirs de la clinique avait pour eux les... [
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