Gtao : Je souhaiterais vous poser une question générale. Quels rapports, s’ils existent, unissent l’Aïkido tel que vous le concevez, par l’Art de Sumikiri, et le Taoïsme ?
Jean-Daniel Cauhépé et Ailing Kuang : Celui qui pratique correctement le Bagua Zhang, le Tai Ji Quan, ou tout art taoïste (Qi Gong, Dao Yin) fait de l’Aïkido au sens littéral du terme. Il n’y a pas de différence de nature, ni de pratique. Toutefois, dans l’art de Sumikiri, il existe une différence avec les voies taoïstes, c’est l’aspect de voie sociale. Le Tao, dans son essence, ne dédaigne pas les voies sociales, mais lorsqu’on est dans le Tao, les choses s’opèrent naturellement, l’altérité est toujours gratifiante. Dans notre monde, il en est autrement ! L’Art de Sumikiri met l’accent sur l’autre, alors qu’en général, les méthodes taoïstes sont des pratiques souvent solitaires, une manière de se centrer, exception faite des Tui Shou (poussées de mains) trop souvent délaissés. Comprenez bien qu’il ne s’agit pas là d’une critique, mais d’un constat de différenciation. L’Art de Sumikiri est un jeu subtil "corps/esprit, soi-même/autres". Si l’on pratique bien l’Aïkido, on ne peut détester son prochain. On apprécie l’autre quelle que soit sa race, sa typologie, sa morphologie. On accepte l’autre avec ses émanations physiques et mentales. C’est une éducation à l’autre au-delà de l’analyse, un immense champ d’ouverture, de progrès, de tolérance et d’acceptation.Les arts taoïstes correspondent particulièrement à l’esprit chinois, dans le sens où il n’y a pas besoin de souligner la dimension sociale, car... [
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