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Le centenaire de Cheng Man Ching

Après Taipei en 2000, les Etats-Unis en 2001, c’est autour de l’Europe et de la France d’avoir célébré en août 2002, à Périgueux, le centenaire du grand Maître. Le rôle de Cheng Man Ching a été en effet essentiel dans la diffusion et la popularité du Taï Ji Quan en Occident.

Cet été, l’association le Méridien, à l’initiative de son fondateur William Nelson, a, pour la première fois en Europe, rassemblé à l’occasion de ce centenaire autour des grands Maîtres, disciples de première génération et ceux qui ont suivi, ainsi que les filles de Cheng Man Ching, plus de trois cent cinquante participants venus de tous les horizons. Ainsi ont été représentés pratiquement tous les pays européens, mais aussi Taïwan, avec une équipe de 45 — la plus importante jamais venue en Europe —, le Japon, l’Australie, la Corée, les U.S.A, la Malaisie. Accueillie dans les gymnases de la ville, soutenue par la municipalité et les partenaires officiels régionaux, la manifestation a offert à tous un temps de rencontres, d’échanges, d’apprentissage et de détente. Un événement pour accompagner cette célébration : la participation de quatre grands maîtres historiques venus de Taïwan et des Etats-Unis, ainsi que la présence des filles de Cheng Man Ching, Katty et Helen, qui ont animé toute la manifestation. Outre l’arbitrage et la compétition, une conférence-débat a été proposée aux participants ainsi que des ateliers. Les deux premières journées de compétition qui ouvraient le forum, arbitrées par un panel imposant de juges internationaux, ont fait l’unanimité par leur qualité et leur état d’esprit. Elles ont rassemblé plus de 140 compétiteurs. Durant les deux autres journées, jugées insuffisantes par la plupart, environs 300 participants se sont vus offrir la possibilité de découvrir des enseignements d’une vingtaine de maîtres et professeurs venus du monde entier : Taïwanais, Américains, Italiens, Allemands, Hollandais, et Français, lors d’ateliers ouverts à tous. Une fête en plein air a été célébrée dans un beau parc de la ville : danse, musique et splendide démonstration de Maître Rosa Chen dans une forme à l’épée, improvisée sur une musique jazz, pour le ravissement des 600 personnes présentes. Le symbole était là. Une véritable rencontre entre Asie et Occident, pour les participants comme pour les maîtres. Une réussite dans l’esprit de partage et d’échange de l’école Cheng Man Ching. Un événement qui saura laisser ses marques et favoriser le développement futur du taï ji quan de style Cheng Man Ching… pour les cent prochaines années.

PORTRAIT DE CHENG MAN CHING
Pétri de culture classique, parangon des enseignements de Confucius, initié à la voie Taoïste, il fut nommé à la fin de sa vie, le “Maître des Cinq Excellences” (peinture, poésie, calligraphie, médecine, taï ji quan). Disciple de Yang Chengfu, grand maître du style Yang et premier diffuseur du taï ji quan, Cheng Man Ching synthétise la forme de la famille Yang en créant la “forme courte” dite de “37 pas”.Après la guerre civile de 1949, son parcourt le mène à Formose (Taïwan). Il y fonde l’école Shih-Cheng, “le juste rythme” — le disciple Hsu Yee-Chung en est depuis le président — qui contribuera entre autres, à travers ses disciples taïwanais de première génération dont Chou Hong Bing, Benjamin Lo, William C. C. Chen, à la propagation du style Cheng. Il les consacre alors à la diffusion la plus large de cet art selon le proverbe : “Le bon docteur soigne les gens avant qu’ils ne tombent malades”.
En 1964, lors d’un voyage en Occident pour une série d’expositions de peinture, Cheng Man Ching s’installe à New-York après une fameuse démonstration de taï ji quan aux Nations Unies. Il y fonde le centre Shi Chung et va fasciner toute une génération d’Américains. Certains de ses disciples, Benjamin Lo et William C. C. Chen le suivent alors aux Etats-Unis.Le taïji simplifié de Cheng Man Ching, parfois dénaturé ou critiqué, ne cesse depuis de fleurir, et ceux qui approfondissent leur recherche y puisent de riches trésors.Après sa mort, célébrée par des funérailles nationales, son influence ne cessa de grandir tant à Taïwan que dans les foyers chinois de l’Asie du sud-est, la Malaisie, Singapour, en Occident, à partir de son essaimage anglais et américain, jusqu’en Chine Populaire.

Infos

Nb de pages : 2
Parution : 09 sep 2002

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Détails

Extrait du mag :
Génération Tao 26

Auteur(s) :
La Rédaction

Mots-clefs
Arts martiaux, Culture & Société , Amériques, Asie, Europe, Océanie , Wushu , Clubs, Portrait, Reportage , Confucius, Tai Ji Quan, Tao

Difficulté de lecture
Facile

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