GTao : Pourquoi un livre pour un jeu ?
Patrice Van Eersel : Il s’agissait au départ d’un jeu de société dont il n’existe que des prototypes. Mais l’ouvrage qui paraît aujourd’hui se suffit à lui-même.
GTao : Comment le jeu est-il né ?
P. V. E. : La légende raconte qu’il a été inventé il y a des milliers d’années. C’est une fiction qui en même temps n’est pas fausse, dans le sens où le jeu du Tao amène davantage de questions qu’il n’apporte de réponses, un principe vieux comme le monde utilisé par Socrate en passant par Bouddha. En fait, c’est Daniel Boulbil, voyageur poète assez allumé, qui l’a rapporté du Népal il y a 25 ans. Le jeu s’appelait alors le « jeu du Dharma ». Les Bouddhistes tibétains lui avaient préféré, un peu par provocation, un nom chinois, en l’appelant le « jeu du Tao ». Ce nom a finalement toute sa raison d’être, puisque le Yi Jing fait partie intégrante du jeu et qu’il en est la partie la plus magique. Dans le livre, vous pouvez trouver une version inédite composée par Cyrille Javary.
GTao : Dans quel but a-t-il été créé ?
P. V. E. : Au départ, le jeu aidait à l’accomplissement d’une quête personnelle, notamment en permettant à la personne de clarifier ses recherches en lui posant une série de questions comme : « que cherches-tu ? », « quelles sont tes armes ? », « tes peurs ? » et « es-tu prêt à en payer le prix ? », auxquelles correspondent 4 mondes : celui de la Terre, de l’Eau, du Feu et de l’Air. Plus la quête est authentique, et plus le jeu agit. La personne est ainsi amenée à s’engager très concrètement, en trouvant un acte à réaliser en temps, date, et heure.
GTao : Toutes les quêtes sont-elles possibles ?
P. V. E. : Absolument, exceptées les quêtes négatives et agressives. La personne est invitée à dire « je » et non pas « on » ou « nous », et à formuler sa question sous forme dynamique. Par exemple : « je cherche à arrêter de fumer » pourrait devenir grâce à la première série de questions : « je cherche à retrouver mon souffle ».
GTao : Quelle est votre première rencontre avec le jeu du Tao ?
P. V. E. : C’était il y a 25 ans. Une petite bande de personnes à l’époque essayait de le commercialiser dans une boîte de jeu tellement grande qu’elle ne pouvait pas rentrer dans une voiture… Ca n’a pas marché, le projet est tombé aux oubliettes. Et puis un jour, la télévision demande à Patrice Levallois de rechercher un jeu qui inciterait les personnes qui ne regardaient plus la télévision à la regarder de nouveau. Il rencontre Daniel Boulbil qui lui dit : « Moi j’ai un jeu », et il lui sort le jeu du Tao. Patrice adore. Il essaie d’en faire un jeu télé et fait appel à moi.
GTao : Comment cela s’est-il passé ?
P. V. E. : Il a commencé par me faire jouer : « As-tu une quête ? ».
A l’époque, je voulais écrire un roman — ce qui n’est d’ailleurs toujours pas accompli… tout ça n’est pas si simple… —. Et je suis entré dans le jeu, en prenant les dés et en choisissant un cristal d’une certaine couleur. Comme si je parcourais un jeu... [
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