Quand on parle d’habitat, comment ne pas songer à la maison que nous emportons avec nous, quelle quel que soit la direction que nous prenions et le lieu où nous allions ? Je veux parler ici de notre habitat intérieur, de cette qualité d’être, de ce que nous sommes. S’il nous vient l’idée d’agir sur notre environnement pour le rendre plus sain, lui accorder du temps pour y créer ou y rétablir une harmonie, comment ne pas tenir compte de l’état de notre corporalité ? Entendez par là, l’intégrité de l’être vécue comme énergétiquement, physiquement, émotionnellement, «pensément» et spirituellement organique ? Comment envisager une bonne circulation de l’énergie dans notre maison sans penser d’abord à bien la faire circuler en soi ?
Cela me rappelle une image : l’état moribond dans lequel les manifestants du Forum alter-mondialiste avait laissé la Place d’Italie à Paris l’année dernière; et une anecdote, qui m’avait été confiée par le chamane péruvien don Marcellino. Invité à la rencontre alter-mondialiste (décidément ! même les plus engagés pour une certaine forme de sauvegarde de la planète peuvent révéler des incohérences!) de Porto Allegre, il avait été choqué par les intervenants qui, s’ils parlaient avec justesse des effets désastreux de la pollution sur la planète, fumaient en toute inconscience cigarette sur cigarette. Ce qui lui valut une réflexion très simple et de bon sens : comment avoir un discours écologique et se préoccuper de la pollution de la planète si l’on se pollue soi-même ? (et si l’on pollue les autres ?) De là, on peut s’interroger plus en avant et plus globalement : comment considérer l’écologie, dans le sens de préservation et respect de l’environnement, sans penser à une écologie politique, économique, sociale, relationnelle, et bien sûr, corporelle ?
Mais qu’est-ce qu’une «écologie corporelle» ? Bien manger, bien dormir, bouger, agir, prendre soin de soi ? Apprendre à respecter son corps pour un meilleur respect de l’autre et de ce qui m’entoure ? Ou revisiter la notion d’ «écosystème» en considérant que la façon dont j’agis sur mon corps est agissante sur la planète ? Peut-on se limiter à une bonne hygiène de vie ou la notion d’ «écologie corporelle» nécessite-t-elle l’approfondissement de «ce que je suis» ? de «ce qui est» ?
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