Génération Tao - Le Tao de Véga - Articles

Génération Tao, la référence des Arts Energétiques. Cours, stages, articles, vidéos de Taichi, Qi Gong, Arts Martiaux, Pratiques de santé, écologie corporelle. Le must de la culture alternative yin-yang !

Articles » Le Tao de Véga

Le Tao de Véga

La session de partage mémoriel portait aujourd’hui sur cette curieuse époque qu’on surnommait ironiquement «l’ère du café et du pétrole». Vega assurait la direction de cette session, et c'était une époque particulièrement difficile à appréhender pour les jeunes, qui devaient, non seulement se familiariser avec des faits historiques qui semblaient dépourvus de logique, mais également avec des concepts qui leur étaient totalement étrangers.

Pourtant, cette session était importante dans leur processus, car tous les gardiens de la mémoire étaient formels : si on avait bien failli y rester, tout s’était pourtant largement décidé à cette époque. L’assemblée était constituée de jeunes de provenance et d’âges différents, et conformément à l’usage, la parole avait été conservée, pour sensibiliser les jeunes aux chants politiques.
- Ce peuple connaissait-il l’énergie ? s’enquit à un moment un jeune. D’après ce qu’on m’a ressenti, c’était une obsession pour eux. Comment peut-on être obsédé par l’énergie ? Un frisson de rires discrets se propagea parmi la jeune assistance.
- Pas au sens où nous l’entendons aujourd’hui, précisa Véga, pour eux, l’énergie était du combustible.
- Du combustible ? C’est ce qui faisait avancer leurs étranges machines, qu’ils nommaient… comment cela déjà ?
- Bagnoles! dit une petite rouquine, ravie de se souvenir de ce mot qu’elle avait entendu si souvent enfant, dans les histoires de son grand-père.
- Pourtant, certains savaient déjà à l’époque ce que nous savons aujourd’hui, ils parlaient de la quintessence et de tout ça, dit l’un.
- La quintessence, l’énergie omniprésente, fluide vital, qu’on savait aujourd’hui capter, utiliser, source inépuisable d’énergie pour les êtres et toutes les machines.
- Certains savaient déjà tout ça, et tout ce que ça fait dans le corps, nuança l’un, mais ils étaient bien rares.
- Mais comment ils faisaient pour bouger, alors ?
- A l’ancienne ! s’exclama un ado. Et il mima, pour le plus grand bonheur de tous, y compris de Véga qui se laissait emporter par cette fraîche insouciance, une curieuse gestuelle qui transformait son corps en une sortede pantin désarticulé, aux mouvements saccadés du plus grand effet.
- Ils bougeaient laid, c’était pas beau. Ils couraient dans tous les sens. Ils avaient des drôles de mouvements qui donnaient constamment l’impression de déchirer quelque chose, j’ai vu les images plates l’autre jour au Centre.
- C’est vrai, certains savaient déjà, en Chine, ils appelaient ça le taï chi chuan, dit fièrement Koona, dont les traits prouvaient son origine asiatique. Le «taï chi chuan», pour le coup, Véga n’en avait jamais entendu parler, malgré ses grandes connaissances. Et Koona reprenait :
- C’était inspiré des idées du grand Lao Tseu. Lao Tseu, celui-là, ils le connaissaient tous, même les plus jeunes, car il faisait partie de ceux que l’Alliance Mondiale avait désignés comme les grands instructeurs de l’humanité, et qu’on célébrait chaque année au solstice d’été. Koona poursuivait : mon grand aïeul m’en a parlé, c’était des séries de mouvements lents qu’on se montrait depuis longtemps dans la famille, depuis bien avant le grand affrontement. Le grand affrontement, intervenu peu après la fin des gisements de pétrole… assurément, cela était présent dans toutes les mémoires… mais ceci était une autre histoire, et on était en train de s’écarter du sujet. D’une intention appuyée, Véga recentra les échanges.
- Ils connaissaient pas le fluide de la vie, alors ils étaient pas capables de jouer à rester en silence, dit gravement une fillette, ce qui provoqua l’hilarité de certains.
- C’était plutôt le contraire, ils bougeaient rarement, parce qu’ils étaient tout le temps malades.
- Ils étaient malades parce qu’ils mangeaient trop, et les produits qu’ils mettaient dans leur corps étaient mauvais, ils se fatiguaient, et ils devenaient vieux très jeunes. Ils vivaient dans des maisons carrées et en matière froide, dit l’un.
- Brrr, ça devait pas pulser beaucoup, c’est pour ça qu’ils étaient toujours malades, répondit une autre. - Ils étaient méchants parce qu’ils n’étaient pas fluides ! Et ils étaient tout serrés au cou, et ils jetaient l’eau qui est de l’énergie, dit amèrement une jeune fille, ils ne respectaient aucune vie.
- Mais ceux de cette époque n’avaient aucune conscience alors ?
- Si, certains —bien peu— étaient conscients, assura Véga, des gens, longtemps avant eux, avaient su et avaient gardé le lien de vie.
- Le lien de vie… Allez faire comprendre à ces gosses que ce peuple qui avait crée la technologie nouvelle n’avait pas intégré cette dimension.
- Mais ceux qui ne connaissaient pas le lien de vie, ils étaient seuls ! Comment faisaient-ils pour vivre ? Véga comprenait leur trouble : ce peuple qui avait inventé l’informatique par exemple, même si le visage de cette technologie n’avait plus grand chose à voir aujourd’hui avec ce qu’ils avaient crée, ce peuple qui avait fait émerger la notion même de lien inconscient, comment pouvaient-ils vivre une vie où l’on n’intègre pas naturellement que chaque acte, chaque pensée est en fait un acte de résonance ?!
- Pourtant, c’est juste une question d’énergie, comme la technologie, pensaient avec raison les jeunes. Un paradoxe, pour eux, mais qui devait les conduire à comprendre que c’était dans ces conditions de vie devenues si difficiles que leurs lointains ancêtres avaient pu opérer la Grande Réconciliation entre sciences et spiritualité. Et l’énergie, c’était quoi d’autre, relança Véga ?
- Moi, on m’a dit qu’ils avaient tout le temps peur. Et qu’ils ne savaient pas mourir. Non, décidément, le partage repartait vers d’autres questions existentielles. Il faut dire qu’à chaque fois qu’on abordait ce sujet, c’était toujours pareil :
- Et ils respiraient comment, s’ils n’avaient pas le lien de vie ?
- Ils respiraient sans y faire attention. Ca, c’était pour ces jeunes une des choses les plus difficiles à intégrer.
- Alors, reprit l’une, ils ne savaient pas d’où ils venaient non plus, ils n’avaient pas la vision.
- Et pour se soigner alors ? Moi je sais, ils avaient recours à des… médicaments, des produits qu’ils créaient eux-mêmes.
- A partir de quoi ?
- Du pétrole !
- Des produits du mauvais plan, quelle horreur ! C’était l’heure, la session prit fin ; l’hémisphère du Centre mémoriel se vida doucement des ses occupants. Véga resta pensif quelques instants devant les parois claires de la grande coupole. Devant lui s’étalaient les habitations des quartiers sud de la ville bleue, bâtiments translucides, aux formes douces, harmonieusement intégrés aux reliefs de la montagne. Le «taï chi chuan» ; à la réflexion, il avait déjà entendu ce mot quelque part. Il faudrait qu’il questionne les gardiens du mouvement…

Infos

Nb de pages : 1
Parution : 30 jun 2004

Acheter

Archiver

Ajouter à la taothèque

Détails

Extrait du mag :
Génération Tao 33

Auteur(s) :
Dominique Radisson

Mots-clefs
Culture & Société, Ecologie , Alternatif, Biotao , Livres , Conte, Livre, Tao

Difficulté de lecture
Facile

Partager

Faire connaître cet article
Ajouter un commentaire

Mentions légales - Conditions générales de vente - Copyright © 2007 Réalisation : Génération Tao et codesign

Fonctions...

Club Tao | Mon compte | Ma Taothèque | Panier | RSS | Aide