C’est un art difficile que de motiver un nouvel élève. Le néophyte est toujours attiré par la pratique d’après son point de vue, qui forcément a été établi à partir d’une relative ignorance (sinon il serait déjà "connaisseur", professeur ou Maître). Statistiquement, lorsque l’on questionne un groupe d’une vingtaine de nouveaux aspirants à la pratique de l’une des multiples disciplines d’origine asiatique sur les raisons de son inscription à un cours, on obtient fréquemment dix à quinze réponses différentes, parfois même opposées.
Entretenir les motivations
Les motivations de départ sont souvent intuitives. Leur nature suscite rarement, de prime abord, la capacité à surmonter les épreuves qui apparaitront au fil de l’étude. De fait, l’engagement de l’individu dans une pratique à long terme se construit peu à peu. Pourtant, cet investissement s’avère indispensable pour retirer tous les bienfaits de la pratique. Tout comme Paris ne s’est pas fait en un jour, il faut donner du temps au temps pour perfectionner son savoir : le parcours d’un art. Les motivations de départ évoluent ainsi heureusement. Leur transformation permet de surmonter les obstacles à l’apprentissage qui surviennent à des moments différents et de manière inattendue pour chaque élève. Quelques illusions originelles se remodèlent. Du rêve, elles passent à la réalité au fur et à mesure que l’élève assimile le savoir, la technique, et son "esprit". Mais pour qu’apparaisse cette continuité dans l’étude, le pédagogue doit motiver et relancer l’impulsion de base de l’élève, afin que celle-ci ne s’étiole pas peu à peu et ne conduise pas à un abandon. Entretenir la motivation est d’une grande difficulté. Le savoir, la technique, mais aussi l’esprit et la personnalité de l’enseignant ont de l’importance pour une pédagogie réussie. La sincérité de cœur doit s’allier à une maîtrise des éléments techniques, une communication... [
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