Les Arts énergétiques chez nos voisins Québécois

Ensuite, il y eut la rivalité entre les maîtres Chinois et les Américains, les premiers refusant de transmettre leur savoir aux derniers.
La situation des arts énergétiques au Québec s’améliore au fil des années, mais malgré les services et les innombrables endroits naturels propices à ces arts, les Québécois en grande partie adhèrent à des clubs sportifs d’aérobie et de cardio. De ce fait, on peut dire que le cercle des adeptes d’arts énergétiques ici au Québec est plutôt restreint, bien que ce faible nombre renferme en soi plusieurs qualités. Dans cet article, qui est plutôt un tableau général du Québec, vu des arts énergétiques, nous traiterons tout d’abord de l’historique et de l’arrivée de ces arts ici, puis nous passerons aux principales caractéristiques de la région.
Tout d’abord, il est important de préciser que la vague de popularité qui a amené les arts martiaux chinois au Québec est, à quelques années près, la même que celle des États-Unis, courant introduit par l’arrivée de vedettes comme Bruce Lee. À cette époque, vers les années 50-60, les arts martiaux japonais et ceux d’Okinawa, comme le karaté, étaient déjà populaires auprès de la population. Cependant, il a fallu attendre plusieurs années avant de voir apparaître pour les américains ordinaires des arts chinois comme le Kung Fu et le Tai Chi Chuan. Bien sûr, Bruce Lee était un de ces premiers pratiquants, un des pionniers connus de l’histoire des arts martiaux modernes, mais en fait ce sont les Chinois venus pour construire les chemins de fer le long de la côte du Pacifique qui ont implanté leurs traditions en premier, bien qu’elles n’aient pas été très populaires à cette époque.C’est à cette période que Bruce Lee tâta le terrain des films américains. Il ouvrit des écoles de Jeet Kune Do (art martial issu du mélange entre le Kung Fu traditionnel chinois et la boxe américaine). De l’autre côté du Pacifique, les maîtres Chinois regardèrent d’un mauvais oeil cette vague de popularité montante envers Bruce Lee, bien qu’il n’enseignât pas le Kung Fu de Chine mais bel et bien un mélange entre Orient et Occident... Ainsi, Lee mourut quelques années plus tard, d’une raison encore nébuleuse pour certains... Il fallut attendre alors les années 75-80 pour que ces arts martiaux, traditionnels cette fois, s’installent ici au Québec, à tâton. De rares maîtres résidaient déjà à travers le Canada et les États-Unis et enseignaient à des membres de la société américaine ou à leurs propres enfants seulement. Cependant, depuis ce temps-là, l’enseignement de Kung Fu et de Tai Chi Chuan s’est beaucoup développé, plus traditionnellement au Canada et plutôt économiquement, je dirais, aux États-Unis.On ne peut pas vraiment estimer le nombre de pratiquants d’arts énergétiques au Québec. Le chiffre est très vague, et il faut compter par secteurs. Dans la capitale du Québec, dans la ville de Québec même, le nombre de pratiquants de Kung Fu, Tai Chi Chuan et Qi Gong se situe autour de 1500-2000, alors que dans la région métropolitaine de Montréal et dans son Chinatown, les pratiquants devraient être à peu près 2000-2500 aussi, ce qui donne un grand total de 3500-4500 pratiquants pour le Québec tout entier. De toutes façons, ce chiffre est plutôt vague, puisqu’il est très difficile de recenser tous les pratiquants dans le Québec tant le territoire est grand et les écoles nombreuses.La plus grande école du Québec se trouve à Ste-Foy, en banlieue de la ville de Québec. Elle porte pour nom “ École d’arts martiaux chinois Jocelyn Toy ” et compte environ 1750 à 2000 pratiquants réguliers. Cette école enseigne le Kung Fu du style Hung Gar et les Tai Chi Chuande style Yang.Les arts énergétiquesmontrés à cette école sont enseignés d’une manière traditionnelle, avec toute la philosophie derrière l’art.En effet, le tout est montré plus en tant que “manière de vivre” que “sport de combat ”, reflétant beaucoup plus la réalité. Les autres écoles et clubs importants sont sur l’île de Montréal, dans le Chinatown, et enseignent beaucoup plus le Tai Chi Chuan de style Yang, bien que plusieurs enseignent aussi différents styles de Kung Fu comme le Wing Chun, le Hung Gar, et d’autres styles animaliers ou philosophiques, comme le Tigre, la Grue, la Mante religieuse et autres. Il y a une multitude d’enseignants d’arts énergétiques au Québec, bien que leur niveau de qualifications ne soit pas régulier. Parmi les plus qualifiés, on peut citer Sifu Toy Fot Moon, enseignant dans l’école comptant le plus de pratiquants au Québec, et son père Sigong Toy Kim Chan. C’est d’ailleurs sous leur égide que je m’entraîne, à l’école de Ste-Foy. D’autres maîtres enseignent aussi au Québec et au Canada. Parmi eux, mentionnons Sifu Kong et Sifu Cheng en Colombie Britannique, ainsi que plusieurs autres. La seule fédération vraiment accréditée (non pas issue d’un simple individu mais bel et bien élaborée par un ensemble de personnes) est la fédération d’Arts martiaux chinois Wu Shu et de Boxe chinoise Kio Shu. C’est une fédération qui gère des évènements et des compétitions canadiens et américains. Elle est structurée de façon à avoir des directeurs régionaux dans chacun des districts pour veiller à ce que tout soit en ordre. Les pratiquants Québécois recherchent surtout les aspects de développement personnel et santé plutôt que les aspects sportifs et de compétition. En effet, en jetant à rapide coup d’oeil à la moyenne d’âge des pratiquants, elle se situe autour de la quarantaine, peut-être un peu moins. Il y a plus d’hommes que de femmes pratiquant les arts énergétiques, bien que le ratio soit plus modéré que dans d’autres sports comme le Karaté et l’Aïkido. Même si les écoles sont situées plus souvent qu’autrement dans la ville, elles restent très proches de la nature du Québec. En effet, le climat dont nous jouissons ici est exceptionnel pour la pratique d’arts énergétiques en plein air. L’été est probablement la saison la plus propice à la pratique dans la nature, avec les forêts déjà magnifiques et l’air pur. L’automne peut se révéler aussi une saison de choix pour la pratique en plein air, avec ses arbres en teintes vermeilles produisant de gigantesques aquarelles naturelles.La médecine énergétique est en plein essor depuis déjà quelques années. L’acupuncture surtout gagne en popularité à chaque année, et de très nombreux acupuncteurs offrent leurs services au Québec. Quant aux autres techniques thérapeutiques (un peu comme le Qi Gong), elles restent très peu pratiquées fort malheureusement.La principale raison de cette popularité récente envers les arts martiaux chinois s’explique avec l’environnement global qui change. De plus en plus de jeunes vont voir de nouveaux films américains de la nouvelle génération, comme “ L’Arme Fatale 4 ”, ou encore “ Opération Condor 2 ”, des films avec de nouvelles vedettes comme Jackie Chan et Jet Li. En constatant cela, il n’est plus surprenant du tout de voir que de plus en plus de jeunes abandonnent le karaté et le judo, qui ne sont plus popularisés par les médias et les films.Tout de même, il est inquiétant de constater que la population active du Québec ne consacre que 2 à 3 heures de leur temps par semaine à la pratique d’une activité sportive quelconque. Ces chiffres, qui semblent alarmants, sont en fait les mêmes que ceux de la France, où là aussi le nombre d’heures n’excèdent pas 3 ou 4 en moyenne... C’est peut-être aussi pour cela que de plus en plus de gens dans la quarantaine s’inscrivent à des cours de Tai Chi Chuan, pour décompresser ne serait-ce que quelques heures par semaine, pour oublier le stress quotidien, qui fait maintenant partie
de notre vie de tous les jours.Cette popularité des arts énergétiques est liée non seulement au nombre de recherches essayant de tirer des liens entre la science occidentale et la médecine traditionnelle orientale, mais aussi parce que des pratiquants se rajoutent chaque jour aux anciens. En outre, les arts chinois sont en train de renverser la vapeur contre les arts japonais, qui eux perdent en poularité au fil des ans. Pour ma part, je pense que ce phénomène de popularisation du Kung Fu et du Tai Chi n’est qu’une habile manoeuvre médiatique, probablement partie des réalisateurs chinois venus à Hollywood, comme peuvent nous le montrer les innombrables scènes d’action dans les films“Star Wars Episode 1: The Phantom Menace ” et “ The Matrix”, qui sortiront prochainement en France.