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Regard sur la situation des Arts Vietnamiens

Il y avait bien, 25 ans auparavant, une forte volonté d’union et de construction d’une seule entité martiale, le Viet Vo Dao, pour représenter l’ensemble des arts martiaux du Vietnam en France.
En effet, c’était la forte montée et l’emprise des arts martiaux du Japon qui a éveillé la fierté vietnamienne et qui l’a amenée à conjuguer ses diversités. Mais, le temps l’a montré, le charisme même des personnalités de cette époque a dévoré la cohésion des premiers instants euphoriques. Les pouvoirs et les forces engendrés par un tel rassemblement ont perverti les idéaux de la Tradition. La volonté de Fraternité, pourtant assortie de serments, n’a pas résisté aux déchirements des choix individuels de promouvoir d’abord le “Style de soi”. Car dans cette unification, les Ecoles ont égaré leurs idéaux dans des comparaisons néfastes car égocentristes. Mais, en fait, on remarque que les participations n’ont fait que subir la force d’attraction, puis la force de cohésion et enfin la force de répulsion. Il leur manquait donc l’élément qui aurait permis cette Unité dans le Temps. Et ce temps a passé.
De nouvelles entités administratives ont émergé et ont fonctionné de plutôt bonne façon. Et puis le cycle est revenu, pour appelerà une nouvelle tentative de rassemblement. Des bonnes volontés ayant pris conscience des erreurs passées, ont voulu faire table rase de leur individualités et de leurs spécificités pour totalement s’offrir dans une nouvelle aventure, ce qui correspondait justement par ailleurs à un projet ministériel. Cependant, cette coquille toute neuve ne peut supporter les fantômes du passé. Toutes les Ecoles n’ont-elles pas cet enseignement commun, celui de l’instant présent ? Il n’est pas correct d’entrer dans une famille en disant : je veux cette place à table ! La langue vietnamienne n’est-elle pas celle qui porte dans son expression le plus de douceur, de politesse et de respect ? Si chacun vient porter l’autre, comment pourraient naître des conflits ? Nous rassembler est un mouvement primal inscrit dans nos cellules, comme les fleuves vont à la mer. Le fleuve demande-t-il encore à être fleuve une fois immergé dans la grande eau ? Ne serait-il pas possible qu’il connaisse le bonheur d’être immense ? La Fraternité ne doit-elle rester qu’une théorie ? Si l’art martial n’enseigne pas le dépassement de la peur, pourquoi encore pratiquer ? La volonté de se protéger, de s’accaparer, d’imposer n’est que signe de peur. Les enfants du Vietnam sont des combattants nés, mais en France en 1999, il n’y a rien à libérer, seulement tout un art serti de multiples richesses à partager. Ouvrir ses bras, tendre sa main, donner sa parole, ne serait-ce pas là, l’attitude de sagesse de celui qui se propose d’ouvrir la Voie aux autres ? «C’est un matin découragé, où le destin vous piétine de tout son poids.Ce ciel tiède du petit jour est moite de lenteur...Le voyage est lassant de n’avoir pu rencontrer la force d’une seule âme trempée...Le rêve-même, s’est tranché les ailes abandonnant sur la terre tous les coins bleus du ciel...Un jour, un seul jour, sera-t-il possible que la Fraternité s’exprime En présence silencieuse et vide...Vide de tout espace barbelé...»Extrait, “Le Livre du Disciple”. C’est le rêve que j’aspire à voir se réaliser. Et il ne peut que se réaliser car en fait toute notre diaspora l’attend. L’art martial du Vietnam renaîtra, j’en suis sûr, avec l’an 2000. Si tous, nous apprenons que nul n’est séparé et que nous sommes tous un.