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Un Shaolin hors du Temple

Les moines guerriers de Shaolin, d’obédience bouddhiste, prônent la paix tout en perpétuant leur tradition martiale. Longtemps à l’abri du regard occidental, leur enseignement est aujourd’hui diffusé à travers le monde. Le moine Shi De Cheng fut l’un des premiers à sortir du temple.

GTao : Pour quelles raisons avez-vous intégré l’école de Shaolin ?
Shi De Cheng : Comme beaucoup de jeunes chinois, j’étais passionné par les arts martiaux de Shaolin. Je lisais des romans de cape et d’épée. J’étais influencé par le Chan (1), le Zen japonais. A travers le zen, je méditais et travaillais mon attitude intérieure, et par les arts martiaux, mon énergie physique.

GTao : Les pratiques du zen et des arts martiaux n’ont-elles jamais été pour vous en contradiction ?
S. D. C. : Le temple de Shaolin fut bâti en 495 ap. J. C, à l’époque des dynasties du Nord et du Sud, sur les flancs d’une grande montagne où rôdaient des bêtes sauvages et dangereuses. Les moines étaient souvent attaqués par des brigands. Ils ont donc été obligés, pour protéger et diffuser la religion bouddhiste, de mettre au point des techniques martiales pour se défendre.

GTao : Mais aujourd’hui, la vie des moines est moins dangereuse. Pourquoi est-il alors toujours aussi important de cultiver les pratiques martiales ?
S. D. C. : Quand le moine bouddhiste Da Mo est venu enseigner aux moines la doctrine bouddhiste, les moines restaient alors des heures assis en posture de méditation et manquaient d’exercices. Ils avaient tendance à s’engourdir et certains souffraient de problèmes de santé.
Ils ont donc éprouvé le besoin de bouger et ont commencé à pratiquer les dix-huit mouvements des arhat (2).

GTao : Les arts martiaux ont-ils continué d’être pratiqués pour mieux méditer ? Et dans ce cas, pourquoi ne pas avoir fait évoluer les pratiques, vers la danse par exemple ?
S. D. C. : Les pratiques martiales aident à obtenir la paix intérieure. Elles contrôlent les pensées, font circuler l’énergie et équilibrent le yin/yang. Il existe des points communs entre elles et la danse en faisant appel aux mêmes exigences comme la souplesse, mais les pratiques martiales appartiennent à la tradition de Shaolin et la perpétuent.

GTao : Quelle est cette tradition ?
S. D. C. : Les moines de Shaolin, au nombre de cent trente, sont divisés en deux groupes équilibrés : les lettrés qui étudient les sutras, les textes bouddhistes, et les guerriers qui pratiquent les arts martiaux. Les lettrés pratiquent les huit formes de Qi Gong enseignées au temple de Shaolin pour entretenir leur corps.

GTao : Et les femmes sont-elles présentes ?
Des nonnes sont-elles ordonnées comme chez les taoïstes ?
S. D. C. : Sur les vingt mille étudiants du domaine de Shaolin, beaucoup de femmes étudient et pratiquent le wushu. Une dizaine de... [Acheter la version complète]

Infos

Nb de pages : 5
Parution : 07 jui 2000

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Détails

Extrait du mag :
Génération Tao 16

Auteur(s) :
Manikoth Vongmany , Shi De Cheng

Mots-clefs
Art de vivre, Arts martiaux, Culture & Société , Chine , Philosophie , Qi Gong, Tradition, Wushu , Interview , Bouddhisme, Chen, Dan Tian, Méditation, Shaolin, Yang

Difficulté de lecture
Facile

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