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Livre à l’usage des générations futures

Vis ta vie

Regard sur le dernier ouvrage de Charles Antoni : Vis ta vie. L’ « éveilleur » poursuit sa quête intérieure, son interrogation existentielle et nous montre le chemin.

Ç a commence plutôt comme une sorte de cauchemar ou plutôt de constat qui ne laisse pas indifférent, puisque tout le monde comprend et tout le monde approuve : soyons honnêtes. Nous avons tous dit plus ou moins fort ou discrètement : « Les humains, c’est de la merde ». On peut donc s’attendre au pire : le monde est cacophonique, il n’y a pas de communication. En effet, « personne n’écoute personne et pourtant tout le monde veut être écouté ». Mais s’il n’y a rien à apprendre, pourquoi parler ? S’agit-il alors d’une invitation au silence ? Il se peut bien. Mais encore faut-il savoir de quel silence il s’agit. On en saura peut-être un peu davantage et somme toute, on l’apprend très vite : « On peut échapper à cet enfer… même si l’on n’en connaît pas la raison ». Il y a sans doute une aventure à tenter…
Alors commence cette promenade du rêveur qui va s’avérer solitaire à la fin du livre. Qui nous conduit au passage par l’idée que : « Tout peut-être dépassé, qu’il faut faire le deuil en riant de tout ce qui paraissait « grand » et qu’il y a un intérêt bien compris à passer outre. Dès lors les possibles s’ouvrent, il n’y a de « destin » que celui que l’on se forge. Nous ne sommes appelés qu’à ce que nous déciderons, si nous le voulons, à la différence de l’animal programmé. Il suffit de nous appeler nous-même et de répondre à notre propre appel. Si nous ne savons pas, encore, écouter l’autre, sachons nous écouter nous-mêmes. Voilà un possible identifié. Mais une fois cette certitude apparemment acquise, nous apprenons que nous sommes une « machine glandulaire », nous obéissons à ses ordres et nous prenons cela pour une véritable liberté : nous serions plutôt prisonniers du corps, ou du moins de la représentation fautive que nous en avons, celle « des intérêts soumis à la chair ». Plus loin Charles Antoni fera, en revanche, un éloge du corps. « Lieu sacré » : il devient alors « la nourriture de la conscience ». Est-ce cette interrogation qui traverse et travaille le livre depuis le début qui nous conduit sur la piste de « la tour d’ivoire » comme à une impasse ? Et comment se fait-il que nous soyons arrivés à cette solitude généralisée ? Voilà encore un constat d’échec qui trouvera cependant plus loin sa solution. En effet, il faudra être seul mais d’une autre manière. Le livre se terminera ainsi. Préparons-nous. En attendant, on passera par quelques questions utiles, certes déjà connues, mais qui ouvrent d’autres possibles, donc quelques portes de sortie. L’objectif n’était-il pas posé dès le commencement ? Il y a une solution, « on peut échapper à cet enfer » ne l’oublions pas. On aura soin, d’ailleurs, de « ne pas oublier » de ne pas se laisser prendre aux jeux de pouvoir. Alors se tenir debout hors de ce jeu de perdition sera préférable. « Devenir un réalisateur plutôt qu’un consommateur ». Nous sommes donc à l’heure des choix et ce petit « discours de la méthode » du 21e siècle s’offre de nouveau le luxe de la « table rase », notamment en politique. Il faut alors « ouvrir ses propres yeux, pas forcément ceux des autres… », il vous en coûterait ». L’Eveil est d’ailleurs une affaire personnelle, celle d’une quête intérieure. Pour revenir à soi, « écrivons-nous » est-il indirectement conseillé mais le passage à l’écriture tient lieu de rite initiatique, un passage qui fait dire à l’auteur et pour son propre compte : « J’ai enfin trouvé ce que je cherchais » et devant nous se dit cette révélation de soi à soi. Voilà pourquoi j’ai multiplié les chemins, pour « acquérir cet éventail de richesses » en vue de l’écriture. En « devenir deleuzien » en actes, voilà ce penseur de l’« intensification » de la vie sous toutes ses formes qui nous dit que tout cela n’est possible que sous l’« Intangible » ; il nous faut regarder le monde finissant dans lequel l’Art se vide de sa substance…
Est-ce la fin de tout ? Peut-être pas. Et le « rêve » est encore possible ». Univers fractals. « Révélation » à venir ? A voir… Et savoir rêver… Simples hypothèses… Seule la « foi » en soi compte, être attentif à soi seul gage de la réussite. Ainsi continue cette promenade au rythme des « fleuves impassibles » pendant laquelle les mots se disent en douceur et pourtant s’inscrivent dans l’esprit comme des « armes » redoutables : de cette lecture on ne sort pas indemne mais l’enjeu est réjouissant. Nous apprenons la possibilité de « cet état de présence », seule condition du « jeu » de celui qui sait qu’il joue, et ça finit comme un « rêve d’enfant ». Fin du cauchemar, « l’habitant du soleil » aime sa solitude, seule condition de l’existence… Alors tout peut commencer… Nous comprenons alors le message de « Vis ta vie ».

Infos

Nb de pages : 1
Parution : 21 mar 2006

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Détails

Extrait du mag :
Génération Tao 40

Auteur(s) :
Paule Orsoni

Mots-clefs
Connaissance de soi, Culture & Société , Europe , Développement personnel , Livres , Littérature

Difficulté de lecture
Facile

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