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Biotao, de la pratique à l’action

Voir, sentir, entendre notre Terre

Lao zi, afin de goûter à la paix de l’esprit, se retira à son époque, dans la nature, loin des affaires du monde, pour se con-sacrer («se sacrer avec») à la co-naissance («naître avec»).

Lao zi, afin de goûter à la paix de l’esprit, se retira à son époque, dans la nature, loin des affaires du monde, pour se con-sacrer («se sacrer avec») à la co-naissance («naître avec»).
Il y a deux ans de cela, le cahier Biotao, «la voie de l’écologie et du changement», voyait le jour au sein de Génération Tao. Nous avions connu alors des réactions des plus inattendues. D’un côté, les enthousiastes, pour qui le lien entre écologie, société et pratiques énergétiques était des plus évidents, et de l’autre, les sceptiques, pour qui tout cela était plus de la politique que de la pratique! A tout ceux là, je veux dire aujourd’hui que le temps s’est écoulé, et que notre air est encore plus gazé, que notre terre est nucléarisée, que notre mer est mercurisée, que nos eaux de source sont nitratisées… et que nous avons bonne mine lorsque, debout dans un parc, nous prenons la posture de l'arbre, prenant l’air inspiré de quelqu’un de proche de la nature et co-naissant sa propre nature. Et si, après des heures, des jours, des mois, des années de pratique, nous n’avons toujours pas développé notre sensibilité au point de tomber sur cette évidence que la terre, et les invités que nous sommes, sont «uns et indivisibles», pourquoi alors continuer à vouloir croire que nous y sommes reliés ? Oui, pas facile à admettre que nous soyons individualistes au point de ne bien vouloir entendre parler de nature qu’uniquement à travers les images véhiculées par notre pratique. Nous voulons parler par exemple de posture de l’arbre, d’enracinement, de déployer ses ailes, de plonger dans la mer, ou bien encore l’envol dans les cieux… Mais s’enraciner dans quoi ? S’envoler d’où ? Pour aller où ? Plonger dans quoi ? Si ce n’est dans la terre et dans la mer de notre terre. Cette terre qui nous montre tout son amour, par l’attraction qu’elle exerce sur nous tous, afin que nos pas puissent la parcourir de nos espoirs, que nos pieds puissent prendre appui sur elle pour nous élancer avec nos rêves dans le ciel ! Oui, prendre conscience de tout l’amour qu’elle nous porte pour essayer d’entrer dans l’action et se décider à agir dans le «champs boueux» de notre société, sans quoi nous n’aurons bientôt plus d’endroit où nous ressourcer pour nourrir nos espoirs et nos rêves. Aujourd’hui, nous pratiquons tel ou tel style, en attisant trop souvent nos différences pour nous éloigner de l’essence. Car, quels que soient nos points divergents sur la façon de placer le bassin, le bras, ou bien encore les pieds, notre pratique à tous est motivée au fond de nous par le but de nous relier aux énergies cosmo-telluriques, de nous harmoniser avec notre nature originelle et de révéler «ce quelque chose» de sacré de notre existence, notre âme. Et même si pour certains, cela n’est pas toujours très clair, si nous osons ressentir ce désir inné quel que soit notre niveau de pratique et voir tout naturellement plus loin que le petit bout de notre arbre, oser nous risquer hors du «petit» confort de notre «petit» jardinet et déboucher sur quelque chose de plus vaste, de plus global que notre îlot de nature sur lequel nous nous isolons. C’est pourquoi il me semble si naturel que notre voie nous amène simplement à prendre position sur les différents thèmes écologiques car, qu’on le veuille ou non, aujourd’hui, dans ce monde ou les havres de paix se raréfient, notre pratique nous désigne tout aussi naturellement comme acteur, voire «francs-tireurs» de l’«écologie corporelle». Et nous nous devons, il me semble, d’être présents, quel que soit notre mode d’action, dans le débat écologique, communiant et agissant dans les décisions politiques concernant l’avenir de la planète. Cela peut aller du commerce équitable (le tao de l’argent, le feng shui de la prospérité, etc.) à la santé de l’individu, à celle du tissu social (médecine traditionnelle chinoise, naturopathie, qi gong, yoga, etc.), à la protection et la transmission des connaissances (statuts de l’enseignant, respect de la pluralité, traditions et modernité, etc.). Parce que pour moi, être un pratiquant d’arts énergétiques du 21e siècle demande d’étendre sa pratique à un engagement social, afin d’aider l’essor de la conscience écologique, et honorer ainsi les ancêtres de l’écologie qu’étaient en autres les premiers Taoïstes, pour espérer offrir aux «générations Tao futures» une possibilité de continuer leurs pratiques dans un esprit libre et interdépendant. Tout cela dans des lieux libres d’accès, sans se retrouver à devoir prendre un jour un ticket d’entrée pour avoir seulement le droit de bénéficier d’un espace naturel non pollué propice au développement de leur conscience.

Infos

Nb de pages : 1
Parution : 04 avr 2007

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Détails

Extrait du mag :
Génération Tao 29

Auteur(s) :
Imanou Risselard

Mots-clefs
Culture & Société, Ecologie, Santé & Bien-être

Difficulté de lecture
Facile

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