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Un judoka au pays des merveilles

Yves Klein

Corps, couleur, immatériel… Le Centre Pompidou consacre du 5 octobre 2006 au 5 février 2007 une deuxième rétrospective à l’artiste français Yves Klein dont l’œuvre fut habitée par sa passion du judo.

Yves Klein (Nice, 1928 - Paris, 1962), connu pour ses monochromes et son fameux bleu outre-mer IKB (International Klein Bleu) fut un des membres fondateurs du groupe les Nouveaux réalistes.

Le voyage au Japon
Le parcours initiatique de l’exposition organisée en trois couleurs : Bleu, rose, or… nous permet de redécouvrir Yves Klein à travers ses multiples facettes, et nous aide à relier son travail d’artiste à sa pratique de Judoka commencée en 1947, à Nice, aux côtés de son ami Arman : Jeunes gens sérieux, nous nous étions accordés sur une même attitude : nous ne voulions pas seulement apprendre le judo comme un sport et une technique de combat mais entrer dans l’esprit du Bushido et donc du zen bouddhique. En 1952, Yves décide donc de réaliser son rêve en allant se perfectionner au Japon : Toute cette histoire de voyage au Japon est trop merveilleuse pour être vraie. Je veux essayer d’être objectif mais enfin ce que je vis en ce moment c’est du merveilleux. En s’inscrivant au prestigieux Institut de judo Kôdôkan de Tokyo, il doit recommencer son entraînement à partir de la ceinture blanche et deviendra là-bas 4e dan, grade qu’aucun Français n’avait atteint à cette époque ! Yves Klein réalise entre-temps des films documentaires sur le judo, montrant des mouvements de grands maîtres japonais et dans lesquels il apparaît en train de réaliser des Katas : Ce qui m’intéresse dans le judo, ce qui me passionne, c’est le mouvement, la ligne du mouvement qui est toujours abstraite et purement spirituelle et qui vient se mélanger à la passion et l’émotion du combat. C’est cette ligne abstraite qu’il aurait souhaité voir s’imprimer sur la pellicule d’un film expérimental, basé sur les mouvements fondamentaux du judo. Projet qui n’aboutira pas. A son retour en France, en 1954, la Fédération Française de Judo refuse d’homologuer son diplôme japonais. Déçu, Yves Klein s’installe alors en Espagne, à Madrid, et devient conseiller technique de la Fédération espagnole de Judo. Dans sa salle de pratique, il commence à accrocher des peintures monochromes.

Le judoka et l’artiste
Ces peintures d’une seule couleur, présences vivantes et autonomes, sont nées d’une illumination par imprégnation dans la vie elle-même : Sentir l’âme sans l’expliquer, sans vocabulaire et représenter cette sensation… c’est je crois ce qui m’a amené à la monochromie. De nouveau en France, il publie Les Fondements du Judo, aux éditions Bernard Grasset et il est recruté comme enseignant de Judo à l’Américan Students and Artists Center. Il maintiendra cette activité jusqu’en 1959 et ouvrira sa propre école de judo à Paris, en 1955, où il exposera ses monochromes. C’est dans cette même année qu’il ouvrira sa première exposition personnelle : « Yves peinture » et fera la connaissance peu de temps après de Pierre Restany, critique d’art, fondateur avec lui du groupe des Nouveaux réalistes. Le Judoka alors s’efface peu à peu pour laisser place à l’artiste. Semble-t-il… oui, semble-t-il seulement… car… Le vrai... [Acheter la version complète]

Infos

Nb de pages : 2
Parution : 04 avr 2007

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Détails

Extrait du mag :
Génération Tao 43

Auteur(s) :
Isabelle Martinez

Mots-clefs
Culture & Société, Energie, Mouvement , Japon , Art, Budo , Peinture

Difficulté de lecture
Moyen

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