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Communiquer et communiquer Comme vous l’avez découvert, Génération Tao s’habille d’une nouvelle formule : davantage de rédactionnel, logo en trans-formation, quelques détails deci-delà… et ce qui n’aura pas manqué de vous échapper, une légère réévaluation de nos prix. C’est la sève du printemps qui nous fait surfer sur la vague du renouveau. Cela confirme aussi l’engagement de toute notre équipe à régulièrement tenter de vous imprégner, vous lecteurs, de notre perception de la vie et de son éternelle mouvance… Une manière aussi pour nous de ne pas ancrer le magazine (et nos consciences !) dans d’éventuelles routines. Le changement de la forme, du contenu, nourrit la créativité comme la créativité nourrit la vie… Et c’est dans ce monde sans cesse renouvelé, à chaque lever du soleil, une nouvelle naissance, à chaque coucher, une nouvelle mort, que s’incarnent le cycle du temps… et les parutions successives de Génération Tao. Mais devons-nous seulement rester spectateur de la vie qui passe ? Le Tao nous enseigne qu’un être en harmonie avec le rythme de l’univers sait intuitivement quand il doit se mettre en action et quand il doit se retirer. J’accomplis, je m’accomplis. Simple non ? Ici, pas de jugements, pas de convictions, il est seulement question d’harmonie, d’équilibre, de perceptions, de sensations, de justesse. Avancer, reculer, se retourner, bondir, s’adapter, faire sans avoir à faire, partager sa joie, célébrer sa colère, être, dans toute «sa» simplicité… communiquer. Mais qu’est-ce que peut bien signifier «communiquer» ? Je cite «in Petit Larousse» : «(1)Transmettre. Le soleil communique la chaleur. (2)Donner connaissance, faire partager à (qqn). Communiquer une nouvelle importante, sa joie. (3)Etre en communication, être relié (par un passage, une ouverture). La chambre communique avec le salon. (4)Etre en relation, en rapport, en correspondance (avec qqn)». Mais alors, tout dans la nature communique, parce qu’il ne peut y avoir vie sans échange, et sans transformation. En permanence se vit une alchimie : l’air que nous inspirons et que nous expirons, la nourriture que nous mangeons, toutes les énergies dont nous sommes traversés, toutes les relations que nous vivons. On dit que l’être humain est un être de communication. C’est vrai, mais pas seulement dans le sens qu’il a besoin de partager et d’échanger avec ses semblables. Je suis un être de communication parce qu’en moi, sans même que j’en aie conscience, entrent et sortent, des vibrations, des énergies, des molécules de vie. Je suis canal, «espace entre ciel et terre» dirait Masimichi Noro. C’est la vie qui me communique, la vie qui me communie. Mais là aussi, de quelle communication parlons-nous tous ? Nous vivons aujourd’hui dans un monde de «communications». D’une oreille, nous apprenons que les troupes américaines progressent vers Bagdad, d’un œil que Zinedine Zidane sera capitaine de l’équipe de France de football pour le prochain match. On nous engage à multiplier les contacts pour développer l’entreprise. On croise un regard en buvant un verre, on échange un sourire dans le bus, on murmure une formule de politesse à l’épicerie, on s’évite dans les couloirs, on papote à la terrasse du café… on se retrouve sur le tatami, et là, on essaie de découvrir autre chose, de réapprendre à regarder, à écouter, à ressentir, de retrouver des gestes spontanés, des intentions subtiles. Une nouvelle réalité prend forme. Mais que vient-on chercher ici que l’on ne trouve pas ailleurs ? Que représente cet autre, pour l’occasion partenaire, et par essence, miroir de mon âme et de mes énergies ? C’est pour essayer de répondre à ces questions que nous avons voulu offrir un espace particulier à ces arts de tradition martiale qui se sont développés dans la recherche d’une harmonie à tavels la relation avec un ou plusieurs partenaires. Comment sont-ils passés d’une voie empreinte de martialité à une voie imprégnée de l’autre ? Par quoi sont-elles animées ? Quel souffle les traverse ? Pour moi, c’est l’aspiration intérieure vers un autre possible, l’authenticité incontournable que me donne à vivre la présence de l’autre. Je ne peux pas «le» tricher, je ne peux pas «me» mentir. Je tombe le masque et je me mets à nue. En toute sincérité, en toute simplicité… j’essaie. Bon sacre du printemps à vous tous. Delphine L’Huillier Rédactrice en chef
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