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Il était une fois deux dragons…
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Lors d’un de mes périples en Asie, j’ai eu la surprise d’entendre une histoire à propos des Chinois et des Japonais. Lors d’une soirée en Chine entre amis, un de nos hôtes chinois se décida à nous conter, les yeux pleins de malice, une histoire de dragons afin de tenter de nous faire pénétrer l’un des mystères de l’Asie. Il commença par ces mots :
— On raconte que dans des temps immémoriaux s’élevèrent dans le ciel deux magnifiques dragons, l’un représentant l’Empire du Soleil Levant, le Japon, et l’autre, l’Empire du Milieu, la Chine. Imaginez-les se débattre dans le ciel. Lequel pensez-vous de ces deux dragons remporta ce duel céleste ? Le dragon japonais ou le dragon chinois ?
— Nous ne savons pas, lui répondit-on, en attendant avec plaisir la suite.
— Ce fut le Dragon Chinois, bien sûr !
Puis il poursuivit son histoire, et nous demanda à nouveau d’imaginer.
— Imaginez maintenant que dans le ciel s’élèvent deux dragons de l’Empire du Milieu, faisant face à un seul dragon de l’Empire du Soleil Levant. Qui remporta d’après vous la victoire ? Notre esprit rempli de logique cartésienne nous incita à désigner les dragons chinois. Et c’est ce que nous fîmes, confiants dans le surnombre des dragons chinois.
Nous sentîmes alors notre hôte se régaler à l’idée de nous conter la fin de
l’histoire :
— Et bien il n’en fut rien. Contre toute attente, le seul dragon japonais remporta la victoire, les deux dragons chinois étant bien trop occupés à se chercher
querelle…
Devant notre mine éberluée, notre ami chinois, fier de son effet, sut qu’il avait alors réussi à nous faire saisir un des aspects de la relation entre ces deux géants asiatiques. Celui d’une Chine qui, trop souvent occupée à devoir régler des conflits internes pour maintenir l’harmonie de son Empire, a accumulé un retard de développement considérable comparé à l’essor du Japon, notamment dans les
années 80.
Cette histoire revenue à ma mémoire, nous avons souhaité consacrer un dossier à ces deux géants asiatiques (p. 14), mais en prenant soin de ne pas entretenir les idées reçues entre ces deux grands pays, et en cherchant bine plutôt à faire ressortir la source de leurs liens et l’essence de leurs différences.
La Chine semble aujourd’hui avoir bien appris de ces leçons du passé et, avoir, selon une expression bien française, « tirer les marrons du feu », en présentant au monde l’image d’un pays marchant d’un pas unifié sur le chemin de la croissance. Mais cette vision d’unité de la Chine n’est peut-être qu’un leurre pour faire « bonne figure » (pour « ne pas perdre la face » dirait un Chinois), surtout dans l’expectative des Jeux Olympiques de Pékin en 2008, quand le monde entier tournera son regard vers l’Empire du Milieu.
Cette unité actuelle n’est peut-être obtenue que par l’autocratisme de son gouvernement, au détriment de minorités et de la pluriculturalité. Se trouve ainsi
magnifiée la réussite de cette nouvelle Chine, tant sur le plan économique, culturel que sportif !
Dans cette marche en avant qu’il nous faut aussi saluer pour les progrès et les évolutions qu’elle suscite en Chine, n’oublions donc pas de tourner aussi notre regard vers ces minorités et leurs cultures.
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