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Idées au gramme

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Mélodie d'automne

Le chinois n’est pas une langue, c’est une écriture. Unique au monde, cette particularité enrichit le dialogue avec les Chinois, mais parfois aussi le complique. Car la simple traduction d’un caractère en mot ou d’un terme en caractères écrête l’informati

Par Cyrille J. D. Javary


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Extrait de la revue : Génération Tao n°30
Nb de pages : 1

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Descriptif

L´été s´en est venu, cette année comme jamais, avec ses chaleurs excessives. L´été s´en est allé, cette année comme toujours, avec un goût de regret. Il a laissé la place à l´automne. Les feuilles partout roussissent, comme les tissus qu´on expose par mégarde trop longtemps à la chaleur sans flamme d´un fer à repasser. L´été est fini, nous laissant une moisson de souvenirs et une sourde nostalgie au cœur. La nostalgie est une sorte de douleur (de la racine : algie), une crainte au sujet de l´incertain retour (en grec : nostos) de ce qui est passé. A l´origine, la nostalgie désignait le regret obsédant du pays natal ou d´un lieu où l´on avait longtemps vécu. Et puis il est devenu le nom du regret que l’on éprouve pour une époque révolue ou une occasion perdue. «Les sanglots longs des violons de l´automne, bercent mon cœur d´une langueur monotone», les vers de Verlaine disent bien ce sentiment que l’on a tous éprouvé, sans parfois parvenir à se l´exprimer, Saint-Exupéry l´appellera : «la mélancolie d´on ne sait quoi». Mélancolie est aussi un mot grec. Médical à l´origine, il désignait une bile (kholos) noire (melas) dont l´excès produisait, pensait-on, une tristesse profonde et un pessimisme généralisé. Gérard de Nerval ne chantait-il pas le «soleil noir de la mélancolie». C´était pourtant une idée nouvelle à son époque, car la génération précédente, celle de Baudelaire, parlait plutôt de spleen, un mot dont le sens propre en anglais est : «rate», mais qui est aussi d´origine grecque. Il signifiait dans l´antiquité une sorte de mélancolie, sans cause apparente, caractérisée par une inapaisable lassitude de toutes choses. Les romantiques s´en feront un blason et Alfred de Vigny s´exclamera avec gourmandise : «J´ai le spleen et tout ce que je vois m´est en dégoût profond ». Mais les Chinois, pour qui les temps d´automne, début des temps yin de l´année, commencent par une fête, celle de la pleine lune, au cours de laquelle l´on va en compagnie boire sur un lieu élevé, éprouvent-ils ce genre de nostalgie ? Sans doute, car le regret de l´été comme la survalorisation du yang sont des sentiments fondamentalement humains. Mais ils l´expriment à leur manière, plus optimiste peut-être, plus vivifiante surtout.
Peuple d´agriculteurs depuis que l´agriculture existe, les Chinois ont cultivé une écriture saisonnière du monde, dans laquelle l´automne est double. C´est la saison où les feuilles roussissent, ...

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