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Du Shen au Jing

Publié le 06/07/2011

Donner du corps à son esprit

Nourrir le corps pour éveiller l’esprit ou nourrir l’esprit pour éveiller le corps ?

Par Arnaud Mattlinger

Extrait de la revue : Génération Tao n°60
Extrait du dossier : LA FORCE CACHÉE DU QI !
Nb de pages : 1
Difficulté de lecture :

Catégorie : Articles

Prix : 0.5 € (Gratuit pour les membres du club Tao)

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Descriptif

En Occident, le corps et l’esprit sont séparés, distincts, scindés. L’esprit, souvent confondu avec la raison, est placé au-dessus du corps dans une sorte d’échelle de valeur. Le corps appartenant à l’animal, l’esprit au divin, il est plus noble de cultiver l’esprit que le corps. Pourtant, si l’on reprend l’étymologie du mot « esprit », il s’agit du « souffle ». Qu’on le considère comme la respiration ou comme la pulsation du vivant en nous, le souffle est profondément physiologique et corporel. Par ailleurs, la vision taoïste ne distingue pas le corps de l’esprit, mais les réunit comme les deux aspects yin-yang d’une même réalité : « l’individu », ce qui ne peut être divisé. On comprend alors que Corps et Esprit s’unissent dans une dynamique vitale et qu’il est nécessaire pour éveiller l’esprit de cultiver le corps.

Cultiver le corps
En quoi cela consiste-t-il ? A se connaître, et à s’aimer. Je dirais donc qu’il s’agit pour commencer de bienveillance. Car c’est dans le corps que se manifeste le sacré, la Vie. Selon le Yangsheng* et les principes de l’écologie corporelle, cultiver le corps est comme cultiver la terre : c’est en prendre soin, la travailler pour qu’elle donne les meilleurs fruits. Il ne s’agit pas ici d’exploiter le corps, mais il ne s’agit pas non plus de le sous-estimer, car en ne sollicitant pas suffisamment notre physiologie, son potentiel décroît. Il est donc important de reconnaître que nous vivons toutes sortes de rythmes, toutes sortes d’amplitudes, et de pouvoir inclure cette réalité dans notre pratique énergétique.

Animer le mouvement
Lorsque nous pratiquons, c’est la qualité de notre attention qui permet de sentir ce qui se passe, ou ne se passe pas, ce qui circule ou ne circule pas, et d’accueillir nos sensations. Cette écoute éveille notre sensoriel, c’est-à-dire notre conscience de soi, à soi et au monde. Une fois ouverte, cette Conscience peut s’accroître et s’approfondir dans le charnel et le tissulaire, le Jing. Pour dépasser le cadre des exercices très formalisés du Qi Gong, il est donc possible d’entrer dans une sollicitation musculaire et tendineuse plus intense, sans que cela devienne une recherche de performance ou un « dressage » du corps. Cette intention permet néanmoins d’aller plus loin dans le dénouement des tensions que nous recherchons pour la libre circulation du Qi. En animant le mouvement, nous sollicitons aussi la mise en route de ...

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