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Idées au gramme

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Vent divin

Le chinois n’est pas une langue, c’est une écriture. Unique au monde, cette particularité enrichit le dialogue avec les Chinois, mais parfois aussi le complique. Car la simple traduction d’un caractère en mot ou d’un terme en caractères écrête l’informati

Par Cyrille J. D. Javary


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Extrait de la revue : Génération Tao n°22
Nb de pages : 1

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Descriptif

En ce matin du 15 septembre 1281, le ciel se charge de lourds nuages noirs, serrés comme une escadre. On dirait un reflet de la mer où se repose la plus gigantesque flotte jamais rassemblée à ce jour. Des centaines de vaisseaux regorgeant de soldats et de chevaux font route vers l'est en direction de Cipango. Kubilay Khan, le petit-fils du grand Gengis Khan, lance l'élite de l'armée mongole à l'assaut des vagues. Son objectif est le Japon, la seule terre asiatique qu'il n'ait pas encore plié sous le joug des maîtres de la steppe. Après la Turquie, l'Iran, la Perse et la Malaisie, la Corée, et surtout l'immense Chine qui vient d'être conquise, le Japon s'attend à être submergé. Seul un miracle pourrait le sauver. Il prendra la forme du battement chaotique des ailes d'un papillon qui, quelques coïncidences fractales plus loin, deviendra un typhon.
Ces grands vents,tai fong comme les appellent les Chinois, ne sont pas rares dans cette région. Soufflant parfois à plus de deux cents kilomètres à l'heure, ils bousculent tout sur leur passage, creusant la mer de vagues atteignant parfois une dizaine de mètres de hauteur. Celui-ci tombait à pic et envoya par le fond les rêves du grand Khan. Le Japon était sauvé, aucune armée étrangère ne l'occuperait jamais jusqu'en 1945. Pour les bénéficiaires de cet heureux accident climatique, il n'y avait là rien de fortuit, mais bien évidemment le résultat d'une intervention surnaturelle.
Les esprits chamaniques (en chinois, shen ,) qui veillent sur le pays des fils du soleil levant l'avaient protégé. L'armée conquérante n'avait pas été détruite par un grand vent mais par un vent divin. Or en japonais, langue dans laquelle le déterminant se place avant le déterminé, ces esprits tutélaires se nomment kami, et le vent se dit kaze.
C'est en souvenir de cet événement resté mythique dans la conscience japonaise qu'au printemps de 1945, pour tenter de briser l'étau américain qui inexorablement se resserre autour des îles japonaises, des aviateurs après avoir ceint leur front d'un bandeau blanc (couleur du deuil en Asie) sur lequel ils avaient écrit de part et d'autre du soleil rouge, emblème du Japon, les deux caractères vent divin partaient se jeter avec leurs avions chargés d'explosifs sur les navires de la flotte américaine. Héroïque, leur sacrifice fut pourtant inefficace, il n'empêcha ni la défaite, ni l'occupation militaire et il légua au monde entier un mot terrible. ...

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